8.23.2009

EMERGENCY

10.42 p.m.
And in the end.

C'est bizarre, je me sens comme si j'avais perdu quelque chose.
Ça réveille des trucs en moi, la fin d'un cycle, la perte de quelque chose à quoi on s'était habitué. Ils ont tous leur histoire, leur passé, et c'est si facile de s'identifier à n'importe lequel d'entre eux, voire à tous.
D'autant que je suis amoureuse de John Carter depuis des années. C'est incurable.

Il me reste une semaine. J'ai l'impression qu'après je vais entrer dans une pièce et que quelqu'un va fermer la porte derrière moi et me regarder en ricanant à travers un hublot. Et la seule chose que je pourrai faire sera m'asseoir et attendre, et puis regarder par la fenêtre les gens qui s'éloignent sans savoir que je suis là. Je ne sais pas combien de temps il va falloir que j'attende dans cette pièce. Je n'y suis pas seule, bien sûre, mais j'ai l'impression que quelque chose à changé, peut-être parce que moi j'ai changé, que je ne suis plus la même. Dans cette pièce, je suis censée avancer, me préparer pour la vie de dehors, mais je ne sais pas comment on fait pour l'appréhender quand on n'a pas de contact avec elle.
Je vais vivre dans une théorie pendant encore un an et ça me pèse.
Ces derniers temps, j'ai repris contact avec des gens qui me sont chers, très chers, et je me rends compte que ça fait trop longtemps que je les avais laissés derrière moi. Mais j'ai besoin de sentir leur présence, j'ai besoin de savoir que mon sort les intéresse. C'est peut-être un peu égocentrique, tant pis, mais j'ai envie de savoir que je compte, que je ne suis pas qu'une image qui passe et qui n'intéresse les autres que pendant que je suis là physiquement pour leur rappeler mon existence.

Je me demande quand enfin les choses vont se mettre en ordre. Parce que je sais bien que moi je n'y peux rien, qu'il faut laisser faire le temps et que forcer le destin - auquel je ne crois pas par ailleurs - ne mène à rien. Encore que, des fois il faut agir et savoir un peu provoquer. Mais pas chercher à ce que les choses se passent. Ça doit venir comme ça. Mais j'en ai marre que ça vienne chez moi et pas chez les autres. Manque de réciprocité.
J'ai des gens autour de moi, et à une époque de ma vie où j'ai réalisé que les gens se foutaient un peu de moi, je n'aurais jamais cru en avoir autant. Mes amis, ils ne se comptent pas sur les doigts d'une main, contrairement à ce que disent les tests de personnalité sur le web, mais ce ne sont pas non plus une multitude de connaissances. Ils existent vraiment, et on est bien ensemble, je crois.
Mais il manque toujours quelque chose. Écrire, écrire, écrire, ça ne changera rien, mais au moins ça me permet de mettre ça quelque part en attendant que ça passe, ça me permet de m'en décharger, et de penser à autre chose, de me dire que je ne suis pas la seule.
Et que 2011, j'ai encore un peu de marge. J'imagine que ça viendra un jour, peut-être celui où je m'y attendrai le moins, parce que c'est romanesque, et que je suis romanesque. Parce que je suis une littéraire, et que les mots, c'est viscéral chez moi.
Encore que j'aurais bien aimé être médecin, si j'avais eu le cran, si j'avais eu le courage. Que je n'ai pas. Mais c'est pas grave après tout, je ferais un boulot inutile, mais qui au moins me plaira. Ou bien qui ne me plaira pas et qui fera semblant d'être utile. Mais si, c'est utile un prof de Français, tentons de nous en convaincre.

Let it be.

8.14.2009

PUT YOUR HANDS UP FOR DETROIT

Me voilà de retour du pays des gens qui roulent à gauche, wah c'est top délire !

J'ai rapporté la grippe A, histoire d'avoir un souvenir plutôt fun de mes vacances. C'est donc avec la gorge défoncée, le nez bouché et de l'asthme que mon retour en France s'est fait.
Tout ça pour dire que je serais bien restée un peu plus longtemps à bouffer du porc et à boire de la bière et du thé en alternance, pour prouver à la Terre entière que la grippe, même pas peur même pas mal, moi je l'ai tous les hivers, je suis pas encore morte. Par contre je trouve ça dégueulasse que les vieux ils soient presque immunisés, sous prétexte qu'ils sont vieux... C'est de l'injustice pure, c'est inadmissible.
Ma petite semaine londonienne a été pleine de surprises. D'abord parce que je croyais ne partir qu'avec ma vieille tante, et qu'en fait, ben non. C'est avec joie que mon amie de toujours Leslie a rejoint la partie, et c'est vraie que malgré la séparation, malgré des contacts peu fréquents, rien n'a changé. C'est assez fou de réaliser qu'on est capables de délirer comme avant, comme si on se voyait tous les jours, et que l'éloignement n'a pas détruit la relation de confiance qu'il y a entre deux personnes qui se connaissent depuis la sortie de la maternité. En l'occurrence la mienne.

Difficile de ne pas aimer l'Angleterre quand tu vois les yeux des serveurs des pubs quand t'as un accent français dans ton magnifique anglais.
Et puis bon, on mange bien - malgré les critiques incessantes des gastronomes bien français bien chauvins, je maintiens - on boit bien (d'ailleurs, comment ça t'aimes pas la Guinness ? C'est quoi ce délire ??), on fait des trucs cools...
Ma maison de mon hôtel était juste à côté de Saint Pancras, qui est à côté de la célèbre gare de King's Cross. Je n'ai malheureusement pas eu le courage d'aller demander à un agent la voie 9 ¾, la peur du ridicule...
On a vu plein d'expos, je me suis découvert un amour pour Camille Corot, j'ai confirmé celui pour Gustave Courbet, en même temps qu'un autre Gustave, Flaubert celui-là, occupait mon esprit avec plein de mots et de phrases et d'éducations sentimentales... Et puis là, apothéose de la jouissance intellectuelle, l'exposition merveilleuse sur Henry VIII, qui m'a encore plus fait adorer ce personnage. Et à propos, merci Stéphane Bern pour la petite émission d'hier soir, j'ai kiffé je dois dire. A part l'autre sexologue de merde et ses raisonnements cons de sexologue. L'apothéose de la jouissance beaucoup plus superficielle c'était la visite de Christ Church, où mon âme d'enfant a pu redécouvrir les lieux bénis qui ont vu le tournage de Harry Potter, et il faut bien avouer que c'était que du bonheur. On remercie le jeune catholique a l'origine de notre visite en français, qui nous a gratifié d'un "Là le tableur c'est le portrait de l'auteur d'Alice au pays des merveilles... Carol euh Léoui...". Sinon Oxford c'est quand même que du bonheur, surtout quand on achète le sweat tellement cliché Oxford University avec un délectation non dissimulée, et qu'on a en bonus un t-shirt gratuit.
Le must du must, en dehors de la joie irrépressible de regarder Gok's Fashion Fix, c'est la pluie. La bonne pluie anglaise, qui te prend quand tu t'y attends le moins et qui te trempe jusqu'aux os, et qui moi, me rend heureuse.

A part ça, depuis que je suis rentrée de Paris, j'ai une vie sociale pour le moins limitée, puisque je consacre mon temps à Frédéric Moreau et à Madame de Clèves, via Dionysos directement dans la langue, pour bien rester hermétique à l'histoire... J'ai quand même dépensé un peu de sous pour acheter de quoi meubler mon petit chez moi, qui ressemblera un jour à quelque chose, quand il y aura un lit dedans. Nous avons convenu avec mon brave ami que le lit, c'est le coeur de la maison, et pas la cuisine, surtout depuis l'invention de Mc Donald's. J'attends donc qu'il arrive, un jour, à savoir lundi ou mercredi, jours où je vais suer comme une vache pour grimper deux étages d'un escalier en colimaçon avec des cartons et pour monter mes meubles. Le truc c'est qu'il ne va pas falloir que je sue de trop, si je veux sortir dans la ville et être présentable pour faire des choses avec du café avec mon cher David, que je dois voir mercredi normalement. Je dis ça dans le but subtilement déguisé de faire réagir, ce qui ne manquera pas de fonctionner j'espère, et surtout Caroline qui n'a pas encore daigné honorer de sa signature ce blog.

Et puis je suis rassurée finalement. Je ne me suis toujours pas remise au latin et au grec de façon intensive, trop obnubilée que je suis pas mes lectures, et il faut dire que réciter mes déclinaisons à mon chat dans mon lit n'est pas d'un grand effet. Les scrupules que j'attendais avec tant d'impatience font enfin leur apparition, quel soulagement. Je vais donc continuer à les ignorer gentiment en allant faire des fiches sur l'histoire de France et sur l'histoire d'Angleterre.

7.16.2009

SPECULOS

What's new pussycat ?

Je suis rentrée de mes premières vacances et je me décide enfin à écrire quelque chose, parce que je sais que d'une certaine manière il le faut.
Il y a eu des hauts et des bas, des moments où je me suis cherchée, et je me cherche sûrement encore un peu, et puis des moments d'attente, de doute face à ce que je peux attendre qu'on me dise. Et j'attends encore. Mais ça va mieux, le calme après la tempête est revenu.
J'ai pu parler calmement, et maintenant je veux vraiment passer à autre chose, parce que ça vaut pas le coup. Bien sûr, ma grande fibre belliqueuse reste présente, et peut-être inconsciemment et profondément en moi-même, je suis en permanence à la recherche d'un conflit, mais il se trouve que là, les conflits, ils sont ailleurs, et je n'ai pas envie ni besoin d'en créer des nouveaux qui seraient bien plus compliqués à gérer parce qu'ils impliqueraient de nombreux protagonistes. Pour être plus claire, je garde mes amis, parce qu'ils sont moins faux que la plupart des gens, et parce qu'aussi c'est dans mon intérêt de me les concilier. Et je ne dis pas ça uniquement parce que je suis intéressée dans leur amitié, mais ça ils le savent bien. Les soucis, je les réserve à un domaine plus privé mais étonnement plus sûr car j'ai mes certitudes sur leur issue, puisque je connais mes soutiens et mes adversaires. Triste langage que j'emploie pour parler de ça. Allez, je change de sujet, c'est pas marrant et puis les vacances c'est pas fait pour ça. On est d'accord, il y a des sujets que l'on ne laisse pas s'immiscer dans le divertissement.

Il est bien plus amusant de se torturer en pensant à son cher et tendre pour recevoir la sollicitude nocturne d'une fille presque inconnue et de sa toute nouvelle pilule à boîte bleue, c'est mieux, elle préfère. A bon entendeur.
Donc sinon, je pars bientôt à Londres, et je vais grave enjoy ma race d'aller à Trafalgar Square voir des gens anonymes faire des trucs en haut d'une tour pour le bonheur et l'épanouissement personnel d'un plasticien que je ne connais pas.
En Août, je vais emménager dans mon super petit 20m², que je décore déjà dans ma tête, et qui a les murs blancs et pas taupe, et qui sera très probablement aménagé par mes soins dans les teintes noir et orange. Parce que je suis quelqu'un de profondément moderne voyez-vous, et qu'il faut de la sobriété et de la classe avec une pointe d'originalité et de folie. Si je vous le dit. J'ai Valérie Damidot qui pense à ma place en ce moment. Ou pas.
J'ai déjà prévu de mettre mes jolies photo encadrés au dessus de mon lit, celles que Banquet m'a offertes pour mon anniversaire il fut un temps. Parce qu'elles sont belles et que je les aime. Ça fait longtemps que j'ai pas eu de nouvelles d'elle d'ailleurs, il serait bon que je move mon ass un de ces jours, pour savoir si les enfants qu'elle garde ne lui ont pas arraché ses beaux cheveux, et pour tester sa résistance psychologique au harcèlement constant des démons de l'enfance. J'ai bon espoir.

L'autre jour, j'ai réalisé que j'avais rêvé que la planche pourrie était sortie de son champ d'activité, et j'avais un grand bien-être qui coulait au fond de moi. Et en fait, c'était pas vrai. Et là, un grosse chape de plomb m'est retombée dessus.

J'ai recommencé à travailler, ça y est. Je me suis mise à relire L'Éducation sentimentale, et ça me plaît toujours, ce qui est assez rassurant, et je crois qu'il y aura des trucs à dire sur la politique, je commence déjà à y penser, c'est beau la prévoyance. Mais à part ça, le quart d'heure de latin et de grec journalier, on peut dire que c'est passé au plan du "j'y pense de temps en temps", mais ça ne me passionne pas outre mesure. Et puis je n'ai pas encore de scrupules. Rassurons-nous, le temps fera son oeuvre, et courant-Août, si je ne suis pas revenue à la raison, les remords viendront me visiter. Malheureusement pour moi, me lever à 13h tous les jours sous le prétexte que j'ai regardé la Traviata à la télé m'empêchera sans doute de réaliser mon grand projet d'avoir fini L'ES à la fin de la semaine. Il va falloir revoir mes prévisions à la baisse.

Comme tous les étés, je me sens pleine d'une envie indéfinissable, mais quand je suis assise sur mon canapé ou sur ma chaise d'ordinateur, je suis incapable de mettre un mot sur ce que je veux faire, et puis je suis inactive. Terriblement inactive. Je suis molle, je tourne en rond, je regarde le Tour de France, je m'extasie devant le manque de crédibilité des Experts:Miami, et je ne sers cruellement à rien. Je regarde des émissions qui me tourmentent, comme sur une fille de dix huit ans dont le voeu le plus cher est de percer dans le milieu du film pornographique. Et dire que pour moi orgasme c'est une définition dans un dictionnaire, et que ma vie sexuelle se résume à ce que je lis sur celle de Michael Jackson, c'est triste. Non, j'en rajoute. J'en quand même fait plein de points au test de pureté, ça gère la fougère, et c'est non négligeable dans mon parcours de jeune fille dépravée.
Bref, j'essaye d'être constructive, mais pour le moment, on ne peut pas dire que ça serve à grand chose. Déjà, j'ai chargé mes photos sur mon ordi, ce qui est un grand pas de fait. Comme quoi mon existence se satisfait de peu. Mais que voulez-vous, mon portable sonne, et c'est déjà ça de pris. Je ne suis pas toute seule, perdue dans ma campagne orageuse, j'ai des gens qui se prennent pour Forrest Gump autour de moi, et d'autres qui déambuleront à moitié nus en portant des cartons demain après-midi.

Il est encore tôt, et Frédéric Moreau m'appelle, je l'entends d'ici. Clitorine de Piquet-Dur elle aussi m'appelle, mais je n'ai pas beaucoup de temps pour elle en ce moment, dans l'oisiveté qui me caractérise, je n'arrive pas à me décider à faire quelque chose, alors je ne fais rien en prétextant que je n'ai pas le temps.
J'attends beaucoup de commentaires sur cet article, qu'on se le dise. On me les a promis. Je vous attends les amis. J'ai terriblement hâte. C'est ce qui a motivé cet article sans queue ni tête que je ne savais comment remplir et qui finalement se retrouve bien fourni. Et puis j'en avait marre de voir toujours le même article en première page.

Au fait, j'ai regardé Paranoïak ce soir. Et c'était bien. Et puis j'ai vu que, contre toute attente, La Guerre des Stevens, ça peut mener à quelque chose.

6.15.2009

I'M FULL OF LUST

Hello, my name is Sarah. Nice to meet you, I'm full of lust.

"Bonjour." "Hum hum." "Non non." "Non mais Vanessa, elle est nulle en langues, avec tous les séjours qu'elle a fait..." "Bonjour David..."

Bonjour David. Il est coolos David. Il fait beaucoup de choses pour moi, alors qu'il est pas obligé. Il est particulier, parce que du côté de son père il est blindé, parce qu'il en est à sa quatrième belle-mère et qu'il attend avec impatience la prochaine, pour autant que ça ne soit pas moi, puisque c'est avec lui que je vais me marier. Parce que c'était évident qu'il était pas super à l'aise à la Gay Pride, mais qu'il est venu quand même. Parce qu'il a un humour fou, de grands talents d'imitateur, une générosité presque surprenante, et aussi une capacité impressionnante pour écrire des sms tendancieux le soir...
C'est peut-être grâce à lui que je ne dormirai pas sous les ponts l'an prochain, et qui plus est que je dormirai peut-être dans le Bordeaux des riches, dans le Bordeaux des cannelés Baillardran et de Sandro. Rien n'est fait, mais j'ai de l'espoir, parce que je me dis que c'est l'occasion rêvée pour ne pas avoir à chercher d'appartement.

Lui, il s'en va. Loin. A Cardiff. Chez des gens qui parlent avec un pur accent, et qui ne comprendront rien au sien qui est typiquement américain. Il faut dire que quand tu vas aux Etats-Unis tous les ans et que tu te tapes deux Californiennes, tu connais bien leur langue. Sans jeu de mot. Ou avec. Il s'en va avec Alice, notre Alice nationale. Ça me fait tout bizarre de me dire que l'an prochain ils ne seront plus là, déjà que maintenant le matin on ne peut plus se retrouver près de leur radiateur, pour discuter avant que les profs arrivent, et voir qu'on est vachement soudés finalement, puisqu'on est presque quinze tous ensemble à chaque fois. Non, maintenant, c'est fini, le radiateur est définitivement vide, uniquement habité par Tom, à qui personne ne tient à faire la conversation, et nous on reste sagement assis à nos places, comme par respect pour ce lieu qui n'est plus vraiment le même maintenant. De toutes façon, plus rien n'est vraiment pareil depuis que tout le monde commence à partir. Sans Jessie, sans Thomas, sans Emmanuel surtout, et puis donc, sans Alice et David, on est bien conscient qu'on va quitter notre chère A135, et puis qu'on va les quitter eux aussi, après tout ce qu'on a vécu ensemble.

Mais Cardiff, c'est pas si loin. Et puis Bordeaux IV, ça l'est encore moins.
Mais bon, la nostalgie, même un peu avant l'heure, c'est incontrôlable.
Pour y remédier, j'honorerai la proposition de partager le lit de David à Cardiff, ou le sofa d'Alice, pour pouvoir faire un barathon et les revoir, parce que même encore presque là, ils me manquent déjà. Heureusement que David vient nous voir, qu'il m'envoie les fameux sms, et qu'on va revoir Alice et tout le monde au Cap-Ferret pour faire une jolie soirée de désintégration !

J'ai quand même passé un beau week end, qui m'a gentiment rappelé que je suis pas super désirable vu que quel que soit le mec qu'on rencontre dans la rue, c'est pas vers moi qu'il vient, mais à bien y réfléchir, c'est pas si grave, je m'en remettrai. Au besoin, je finirais par violer quelqu'un dans une ruelle sombre, ou alors j'irais m'inscrire sur Meetic. En attendant, me coucher à cinq heures du matin, pour ça, ça valait vraiment le coup.
Ça valait fuckin' le coup de gueuler dans le Café Brun "J'ME SENS CHIENNE" parce que David avait dit "Hum... J'me sens mal...". Et même si j'ai passé une nuit affreuse, j'ai été en harmonie toute la soirée, même quand Charley m'a très élégamment ignorée. Ou non, je mens un peu, parce que j'ai quand même été en bad de voir à quel point il ne regardait que Lucie et à quel point mes paroles pouvaient s'envoler dans le vent frisquet de Bordeaux, mais comme j'étais pas toute seule à m'être faite jeter ce jour là, et parce qu'il y a eu les bras d'Emmanuel, bourré mais compatissant et compréhensif, j'ai passé une soirée géniale, avec des gens que j'adore, et que je ferais tout pour ne pas perdre l'an prochain.

Et puis on en a rencontré des gens, c'était un peu la folaï dans Bordeaux samedi soir. Entre le fameux Charley, qu'on a cru perdre avec notre français quand on voulait parler de lui sans qu'il comprenne avant de se rendre compte qu'il parle français couramment et qu'il sait même dire "palombière", le monsieur pas du tout défoncé qui est venu nous demander trois fois si on n'aurait pas "10 ou 15 cents", ou son ami qui est venu nous demander "un peu de coke", que nous avons doucement envoyé vers "les gens là-bas" parce que "oui eux ils en ont de la coke".
Le bouquet final fut donné pendant une demi-heure par les deux sexy over sexy pompiers de Paris, à 4h du matin, sur le chemin du retour. Un mec de 25 ans qui a déjà passé deux ans en Afghanistan, pour qui ranger des livres à la bibliothèque de Saintes c'est beaucoup plus respectable que sauver la vie des gens. Victor et Maxime. Ce fut bien drôle.
Et j'allais oublier Clément, le mutilateur de pigeons, croisé dans la rue devant Kju et qui part faire un footing autour du Parc Bordelais au lieu de dormir paisiblement vu l'heure indue.

Bref, de nombreuses péripéties.



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Et sinon, ça c'est le L de loser, parce que j'ai voté pour les losers aux Européennes, par respect pour le magistral cours de sa fille sur un poème des Regrets de Du Bellay. Je me dis que peut-être que j'aurais de bonnes notes en dissert' l'an prochain si je commence à lui cirer les pompes dès maintenant en votant pour son père. Mais je crois que l'échec sera cuisant.


A part ça, et pour terminer en fanfare, la nuit de folie que j'aurais du passer en ébats inconscients dans la Twingo de David, et qui n'a finalement pas eu lieu, a tout de même eu le mérite de me donner les conséquences physiques attendues.
J'ai un lumbago.
Je rappelle que j'ai 18 ans.

6.06.2009

ACHILLES

Ce week end, c'est le week end spécial ados sur Canal.
Il paraît que ne pas avoir couché à 15 ans c'est la lose, et que porter des talons hauts en 3ème c'est on ne peut plus normal. Et là je me dis que je suis ringarde, vraiment. En plus, j'ai appris que les sacs Longchamp maintenant c'est pour les classes moyennes et que les gens cools ils les rangent au placard et ils n'en reparlent plus pour pas avoir la honte. Hello, Camille Jullian, t'as la honte tu sais ! Les gamins ils font des fêtes pas possibles à 13 ans alors que moi j'ai découvert ce que veut dire sortir quand j'en avais 15. C'est quoi le souci là ?
J'ai pris un coup de vieux je crois, et pourtant, je suis jeune. Je le revendique parce que bon, j'ai pas envie de devenir aigrie trop vite, quoique ça commence déjà. Je suis déjà un peu une vieille réactionnaire qui campe sur ses positions et qui refuse la discussion.

Merde, je voulais dire un truc super intéressant et j'ai oublié.

Je suis en mode ultra glamour là tout de suite. Je suis en short rose pâle avec des petites fleurs indéfinissables dessus, un short qui n'a plus aucune forme, si tant est qu'il en ait eu une auparavant. Et puis j'ai les cheveux en bataille et puis je suis toute grognon.

C'est important, je trouve, de se sentir importante.
"A sense of power", c'est pas tout à fait ça, mais c'est l'idée. Sentir qu'on compte pour les autres, qu'ils prennent des nouvelles, que ça leur fait plaisir d'entendre notre voix ou juste de savoir qu'on est là. C'est aussi se dire qu'ils ont besoin de nous parfois et qu'ils savent qu'ils peuvent nous faire confiance. C'est très narcissique comme raisonnement, mais je pense qu'on l'a tous à un moment ou un autre, quand un ami vient nous demander conseil ou a besoin de nous pour se rassurer. Mais c'est aussi, en sens inverse, sentir que les gens s'intéressent à nous, qu'ils s'inquiètent quand ça ne va pas, et qu'ils sont des soutiens qui peuvent être juste de principe, mais c'est déjà ça. Savoir que malgré les vacheries qu'on peut se dire, il y a toujours un retour affectueux qui fait qu'on ne leur en veut jamais et qu'on sent bien que c'est l'humour qui nous fait nous maintenir.
Et puis ils sont aussi là quand il faut se battre et se remettre à flot pour ne pas couler dans trois mois. Parce que, dans trois mois, je vais retourner à la case Latin sans passer par la case Départ et sans recevoir 20.000 Francs. Et j'ai plutôt intérêt à y arriver, sinon il va y avoir un souci. D'autant plus que je sens que si ça continue je vais être obligée de modifier quelque peu mon orientation et sacrifier l'enseignement que je pourrais faire des Langues Anciennes, dans le simple et unique but de ne pas finir chômeuse et d'avoir mes diplômes. Et oui, après, quand je serais "post-doctorante", comme il dit le monsieur qui y croit grave, je pourrais être lectrice ou maître de conférence. Ben oui. C'est très enrichissant d'avoir une relation beaucoup plus d'égal à égal avec ses profs, de ne plus être uniquement leurs subordonnés, mais de pouvoir leur parler en faisant juste attention à notre vocabulaire. Parce qu'ils nous considèrent comme des adultes et qu'ils ont plutôt intérêt à être gentils avec nous s'ils veulent qu'on devienne les futurs eux. Ça serait un tel honneur pour eux. Veugra.

Dans une semaine, j'arrête de réfléchir. Dans une semaine je bois comme un trou pour fêter notre victoire éclatante sur cette année. Il nous restera deux semaines à tirer, mais sans devoirs, sans khôlles, avec seulement des fêtes, des soirées de désintégrations, des journées à la plage, des Gay Pride, des aprems au cinéma, qui nous mèneront vers le lieu où on pourra "vivre de sexe et de bière tiède". Bien que je ne sache pas vraiment pourquoi. D'autant que le clan des célibataires se réduit peu à peu, ce qui n'arrange pas le problème. On se sent de plus en plus seuls maintenant qu'on n'est plus que trois.
Il faudrait que j'évite toute expression avec "trou" dedans, qui me rappelle trop celle régulièrement employée dans notre microcosme : "être un trou".
La Grosse est partie. C'est une salope, mais c'est tellement bon de savoir qu'elle est plus là. Maintenant, juste pour l'achever, il va juste falloir qu'elle réalise quels autres petits cadeaux on lui a fait, et puis ça sera bon. Elle n'existe tellement plus aujourd'hui que je n'ai même pas envie de m'étendre sur elle. Au sens figuré bien sûr. Je n'ai jamais souhaité "m'étendre" sur elle. Dégueu.

Pauvre Éric. Il doit être tout triste ce soir. Je pense à toi Éric, même si tu t'en fous parce que t'en sais rien.

XOXO.